Monique Kieffer (Bibliothèque nationale de Luxembourg) :

MODERNISATION D'UNE INSTITUTION CENTENAIRE

DEPUIS 1999, MONIQUE KIEFFER, DIRECTRICE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE LUXEMBOURG, S’EFFORCE DE RÉPONDRE AUX BESOINS DES NOUVELLES GÉNÉRATIONS. ELLE NOUS OUVRE LES PORTES DE LA PLUS ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DU GRAND-DUCHÉ.

POURRIEZ-VOUS NOUS DÉFINIR LE RÔLE DE LA BnL ?
La BnL a plusieurs fonctions. Tout d’abord, elle sert une mission patrimoniale : nous collectons et valorisons à long terme tout ce qui est publié au Luxembourg, que ce soit par les professionnels de l’édition, des associations, des sociétés privées... L’ensemble de cette collection patrimoniale représente la mémoire de notre nation. Deuxièmement, étant une bibliothèque d’étude et de recherche, nous souhaitons pouvoir satisfaire toute personne qui veut se documenter,
à fins professionnelles ou à fins privées. Le fonds non luxembourgeois de la BnL, composé de

publications imprimées et numériques, couvre tous les domaines du savoir. Notre troisième mission résulte de l’informatisation croissante des bibliothèques. A l’image des évolutions que nous constatons à l’étranger, les bibliothèques du secteur public luxembourgeois se sont regroupées en réseau. La BnL a pour mission de coordonner le réseau bibnet.lu et de gérer les outils informatiques unifiés de ce réseau qui sont utilisés aujourd’hui par 72 bibliothèques. Le moteur de recherche unifié

« a-z.lu » est à la fois fruit et symbole de cette efficace collaboration.

RACONTEZ-NOUS L’HISTOIRE DU BÂTIMENT DE LA BnL.

C’est l’un des plus anciens bâtiments civils de la capitale. Il a été construit en plusieurs étapes à partir du début du 17e pour accueillir un collège Jésuite. L’origine de la BnL remonte à 1798, quand
les autorités françaises ont créé dans les murs de l’ancien collège une école départementale centrale dotée d’une bibliothèque dite « centrale ». Celle-ci avait pour mission de rassembler les documents dispersés des riches bibliothèques de l’Ancien Régime. Ces ouvrages constituent le noyau de
la Réserve précieuse de la BnL. Après avoir été délogée par l’occupant allemand au cours de la 2e guerre mondiale, la BnL a finalement pu s’établir définitivement dans le bâtiment de l’ancien Athénée grand-ducal en 1973.

UN NOUVEAU BÂTIMENT CONVIVIAL À KIRCHBERG

Aujourd’hui, le bâtiment du boulevard Roosevelt est devenu trop petit et ne répond plus aux besoins d’une bibliothèque contemporaine.
Voilà pourquoi un nouveau bâtiment est

en construction, au quartier du Kirchberg. Le nouveau bâtiment saura accommoder au mieux les utilisateurs. Plus de 300 000 documents imprimés seront directement accessibles dans les salles de lecture.

« Nous sommes une bibliothèque dans les murs, et

une bibliothèque hors des murs. »

Monique Kieffer, directrice de la BnL

LES SERVICES QUE VOUS PROPOSEZ ONT-ILS BEAUCOUP ÉVOLUÉ AVEC L’ÈRE NUMÉRIQUE ?
Depuis 2000, les lecteurs peuvent réserver

en ligne des documents. Le moteur de recherche «a-z.lu » permet la consultation en ligne, à distance, d’innombrables ressources numériques. Un programme de numérisation rend progressivement accessibles en ligne une grande partie de nos collections patrimoniales. Ce programme est complété par une infrastructure informatique de préservation numérique à long terme. La BnL est devenue une bibliothèque dans les murs et hors les murs. L’ère du numérique présente de nombreuses opportunités : faciliter le développement des savoirs et des compétences, e. a. par une coopération renforcée avec l’enseignement et la recherche, valorisation accrue de la production intellectuelle du Luxembourg via le world wide web, impulser les « digital humanities », contribuer à la création d’une société hautement connectée et inclusive. Malheureusement le potentiel des bibliothèques reste souvent sous-estimé au Luxembourg.

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