Philippe Meloni (Lemanik Asset Management) :

Un Asset Manager aux ambitions intactes

FORT D’UNE DISCRÉTION HÉRITÉE DE SES ORIGINES SUISSES ET DU PARCOURS DE SES FONDATEURS DANS LA BANQUE PRIVÉE, LEMANIK FIGURE PARMI LES LEADERS DES SOCIÉTÉS DE GESTION POUR TIERS À LUXEMBOURG, SANS POUR AUTANT RENIER SA CULTURE DE LA CROISSANCE À DEUX CHIFFRES. INTERVIEW.

POUVEZ-VOUS PRÉSENTER LEMANIK EN QUELQUES MOTS ?

Lemanik, c’est une vieille histoire. La société a été créée en 1971 en Suisse. Nous avons rencontré
les fondateurs avec mon collègue Jean-Philippe Claessens durant nos années dans la banque privée et nous avons rejoint la société en 2006. Le capital est aussi un point fort du groupe : notre capital de plus de 20 millions d’euros affiche
une stabilité inégalable car il reste aux mains des actionnaires historiques et de ses dirigeants. Notre indépendance a toujours été une force: nous ne sommes pas liés à un groupe bancaire ou à un fonds de private equity. Par ailleurs, je pense que
la constance de notre croissance à deux chiffres repose sur notre âme d’entrepreneurs : nous sommes très proches de nos clients et lorsqu’un nouveau changement réglementaire survient, nous avons démontré notre capacité à identifier les challenges auxquels ils sont confrontés afin de leur apporter une solution pragmatique satisfaisante. Cette démarche proactive et orientée solution

est particulièrement appréciée. Philippe a coutume de dire : « D’une réglementation, Lemanik en fait une business opportunity ».

COMMENT AVEZ-VOUS DÉPASSÉ LE SEUIL DES 20 MILLIARDS D’EUROS SOUS GESTION AVEC, AU DÉPART, UNE PETITE ÉQUIPE ?

Outre notre indépendance, nous avons été et sommes avant tout des visionnaires. Il y a 10 ans, le marché de substance réglementaire se concentrait sur la mise à disposition d’administrateurs indépendants et sur les sociétés de gestion liées à un seul fonds. Nous avons été un des premiers à créer une solution réglementaire de société de gestion pour compte de tiers (« management company »), un modèle
très copié depuis. Parallèlement, nous avons pu recruter patiemment une équipe dotée d’un carnet d’adresses éloquent. Hervé Coussement nous
a en effet rejoint en 2012 et a permis de nous faire connaître auprès d’une clientèle institutionnelle plus large. Par ailleurs, nous avons réussi à rester très proches de nos clients, où qu’ils soient dans le monde. Je ne compte plus les vols intercontinentaux pris suite à un simple

coup de téléphone et je dois dire que cela nous a très bien réussi. Certains clients rencontrés dans ces conditions sont devenus des piliers

de notre activité ! Par ailleurs, la qualité de nos équipes et notre efficience opérationnelle ont été autant de facteurs clé dans la fidélisation de nos clients. Aujourd’hui nous figurons parmi les leaders et nous comptons le rester en nous concentrant sur deux axes : d’abord le renforcement de notre développement multi-juridictionnel, notamment via l’expansion de notre bureau de Dublin et ensuite en mettant l’accent sur les stratégies d’investissements alternatives où nous arrivons en force.

« D’une réglementation,

Lemanik en fait une business opportunity. »

Philippe Meloni, Lemanik Asset Management)

QUEL EST VOTRE PLAN DANS L’ALTERNATIF ? Nous avions trois options pour nous positionner: recruter un spécialiste, racheter une société ou attirer une équipe d’experts. Nous avons opté pour

la troisième option avec la claire vision de nous imposer de nouveau comme l’acteur de référence.
« L’AIFM tiers est en train de s’imposer comme une solution de choix tant pour les promoteurs de fonds n’ayant jamais été régulés et qui souhaitent se concentrer sur leur cœur d’activité c’est-à-dire la gestion en tant que telle ou les grands acteurs, notamment américains, qui n’ont pas de présence en Europe et qui souhaitent bénéficier du passeport marketing de leur AIFM tiers », commente Alexandre Dumont en charge du nouveau positionnement alternatif de Lemanik. Il s’agit d’un secteur en pleine croissance et nous sommes à ce titre la première firme de taille majeure à consolider sous la même enseigne une solution UCITS et AIFM au Luxembourg et en Irlande. Avec notre ambition et l’équipe en place, je pense que les conditions sont réunies pour poursuivre notre développement en mode « Fast Forward ».

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