Le Pont du Riesling :

UNE OPPORTUNITÉ POUR LE GRAND-DUCHÉ ?

LA CONSTRUCTION D’UN PONT À QUELQUES DIZAINES DE KILOMÈTRES EN AVAL DU LUXEMBOURG - À ÜRZIG - A DÉCLENCHÉ UNE POLÉMIQUE INTERNATIONALE AUDIBLE JUSQUE DANS LES PAGES DU NEW YORK TIMES. CONSÉQUENCE INATTENDUE, LE QUOTIDIEN PLACE DÉSORMAIS LA RÉGION AU 34E RANG DES LIEUX À VISITER EN 2016. UN COUP DE PROJECTEUR DONT POURRAIT PROFITER LE LUXEMBOURG ? ENTRETIEN AVEC ROBY LEY, DIRECTEUR DE L’INSTITUT VITI-VINICOLE À REMICH.

LE VIGNOBLE LUXEMBOURGEOIS EN QUELQUES MOTS
Roby Ley estime que le Luxembourg compte de très grands vins, dont deux font la réputation de la Moselle Luxembourgeoise. D’abord le Riesling, que

de nombreux experts classent parmi les plus grands cépages blancs du monde. Ensuite, le Pinot gris, un vin d’un tout autre style, se caractérisant

par son acidité et son fruité. En plus de ces deux vins, le Grand-Duché commercialise le Crémant de Luxembourg, une appellation à succès fêtant ses 25 ans cette année.

« Pour exister sur le marché du vin aujourd’hui, il faut se lever de bonne heure ! »

FORCES ET FAIBLESSES

Toujours selon Monsieur Ley, le vin luxembourgeois présente deux faiblesses : d’abord, des coûts de production élevés. Ensuite, contrairement aux vins français et italiens, le pays n’est pas associé à une spécialité culinaire. Ces deux éléments dictent l’approche des vignerons, contraints de produire un vin assez haut de gamme pour justifier un prix permettant d’atteindre la rentabilité. Cela dit, malgré sa petite taille, la région dispose d’une grande diversité de vins blancs pouvant satisfaire différentes attentes. Depuis le millésime 2014 la Moselle luxembourgeoise dispose d’une nouvelle appellation d’origine protégée résultant d’une réforme mettant l’accent sur des critères de qualité manifestes.



UN EFFET « NEW YORK TIMES » ?
Si par le passé, les ventes se faisaient directement du vigneron au consommateur, la donne a changé avec l’arrivée des grandes surfaces notamment. La concurrence s’avère si forte que pour Monsieur Ley « Il faut se lever de bonne heure pour exister sur le marché du vin aujourd’hui ! ». Dans ces conditions, le spécialiste identifie deux pistes pour avancer : d’abord le développement de l’œno-tourisme, permettant un contact direct avec le consommateur désireux de connaître l’histoire du vin et du vigneron. Inutile d’aller chercher loin pour toucher les nombreux étrangers résidant ou travaillant au Grand-Duché. Ensuite le développement d’une marque « Luxembourg » derrière laquelle tous les vignerons pourront s’unir. Un aspect primordial pour récupérer la publicité gratuite offerte par le New York Times, mais aussi essentiel pour un marché qui exporte la moitié de sa production.

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